Du 29 au 31 octobre 2025 s’est tenue à Rome (Italie) la 7ième et dernière réunion du Comité de pilotage dudit projet. Présidé par Dr Sylla Kalilou, Commissaire de la CEDEAO en charge des Affaires économiques et de l’Agriculture, ce comité de pilotage a réuni les principales parties prenantes du projet à savoir la CEDEAO et ses Etats membres, la FAO et l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida), partenaire financier du projet.
L’objectif de cette réunion était d’évaluer les réalisations, discuter des conclusions et des recommandations de l'évaluation finale et envisager la suite à donner au projet. Pour rappel, le projet « Transformation globale des forêts pour les populations et le climat : focus sur l’Afrique de l’Ouest » a été exécuté de 2019 à 2025 par la FAO et appuyé la mise en œuvre du Plan de convergence de la CEDEAO pour la gestion durable et l’utilisation des écosystèmes forestiers en Afrique de l’Ouest adopté en 2013. Ce Plan de convergence vise à mobiliser un soutien politique, institutionnel, financier et technique pour répondre aux enjeux transfrontaliers liés aux forêts. L’objectif général du projet est de renforcer la prise de décision en matière de gestion des forêts et des terres et de consolider les capacités au niveau régional pour la mise en œuvre des éléments du Plan de convergence.

Les changements climatiques représentent, en effet, une menace importante pour les systèmes alimentaires et les écosystèmes en Afrique de l'Ouest. Cette menace est exacerbée par la déforestation. Selon la dernière évaluation des ressources forestières mondiales, publiée le 21 octobre 2025, environ 1,4 million d'hectares ont été déboisés chaque année en Afrique de l’Ouest et du Centre entre 2015 et 2025. Toutefois, les efforts visant à réduire la déforestation et les émissions de gaz à effet de serre qui y sont associées commencent à porter leurs fruits.
A l’ouverture officielle du comité, le Commissaire Kalilou et le Directeur général adjoint de la FAO, Monsieur Godfrey Magwenzi se sont félicités de la très bonne collaboration entre leurs institutions respectives tout en appelant à plus de résultats et d’impact des projets sur le terrain. Les deux responsables ont réitéré leur volonté à renforcer le travail collaboratif avec la coopération suédoise et d’autres partenaires sur la restauration et la sauvegarde des écosystèmes forestiers.

Les échanges du comité ont fait ressortir que le projet a, entre autres, généré de nouvelles données sur les forêts d'Afrique de l'Ouest grâce à une méthode innovante qui combine des données de terrain, de drones et de satellites. Le projet a formé 1 800 techniciens dans 15 pays et mobilisé plus de 500 techniciens pour améliorer les lois forestières et la foresterie communautaire. Il a, par ailleurs, analysé les cadres juridiques forestiers dans sept pays, ce qui sert de base aux révisions nationales. Quinze initiatives forestières communautaires ont été soutenues, touchant plus de 6 000 bénéficiaires. Les échanges techniques entre les 15 pays d'Afrique de l'Ouest ont favorisé la collaboration et le partage de connaissances. Le projet a également promu le rôle des femmes dans la foresterie. L’appui financier de la Coopération Suédoise a ainsi permis, entre autres, de développer, d’une part, des outils de gouvernance, de collecte de données actualisées et de suivi des écosystèmes forestiers et d’autre part, des outils de mise en œuvre de pratiques communautaires innovantes pour la reconstitution des espaces dégradés et la sauvegarde des forêts.

Les parties prenantes ont aussi mis en exergue les défis qui restent toujours à relever pour pérenniser les résultats et acquis majeurs du projet. Il s’agit essentiellement de mieux aligner les textes réglementaires et juridiques nationaux dans le secteur, renforcer les capacités techniques pour la mise en œuvre du Plan de convergence, améliorer l’inclusion du genre, mettre en place un plan de communication et de dissémination des résultats avec plus de plaidoyer auprès des décideurs politiques au double niveau national et régional. Les acquis et les leçons apprises du projet devront également servir à nourrir la révision actuelle du Plan de convergence de la CEDEAO. Une deuxième phase du projet devrait, par ailleurs, permettre de consolider, amplifier et pérenniser les acquis de la première phase.

En marge du comité, le Commissaire Sylla Kalilou a échangé en parallèle avec les partenaires sur d’autres sujets d’intérêt commun. Il s’agit de la rencontre avec Madame Ulrika Hessling Sjöström, représentante de l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida), pour discuter de la possibilité de développer d’autres projets sur les changements climatiques ainsi que de la poursuite du renforcement de capacités dans l’expertise forestière en Afrique de l’Ouest. Il s’est également entretenu avec le Directeur général adjoint de la FAO, Monsieur Godfrey Magwenzi sur le renforcement de la collaboration entre la CEDEAO et la FAO et la mobilisation de plus de ressources pour mieux soutenir les secteurs spécifiques des changements climatiques et de l’agriculture. Les thématiques proposées sont entre autres : le pastoralisme et les changements climatiques, l’alimentation scolaire, le stockage de sécurité alimentaire de proximité, la préservation des ressources naturelles et des écosystèmes du Massif du Fouta Djallon et l’accès des Etats membres au Fonds vert pour le Climat. Les deux partenaires Sida et FAO s’engagent à renforcer leur collaboration avec la CEDEAO, l’Afrique de l’Ouest restant une région d’intérêt majeur pour tous les partenaires au développement.