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Sécurité alimentaire

Révision de la Stratégie régionale de stockage de sécurité alimentaire : la CEDEAO, l’UEMOA, le CILSS et les membres du Comité de pilotage renforcent les bases d’une réforme concertée

La CEDEAO, l’UEMOA et le CILSS ont coanimé, les 17 et 18 décembre 2025 à Lomé, une série de rencontres stratégiques consacrées à la révision de la Stratégie régionale de stockage de sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. Ces échanges ont débuté par une concertation de haut niveau entre les trois organisations intergouvernementales (OIG) avant de se poursuivre avec la deuxième réunion du Comité de pilotage du processus de révision.

Ouvrant la concertation au nom du Président de la Commission de la CEDEAO, le Commissaire chargé des affaires économiques et de l’agriculture, Dr Kalilou Sylla, a salué la présence des délégations de l’UEMOA et du CILSS tout en les remerciant pour leur engagement constant aux côtés de la CEDEAO. Il a notamment insisté sur la nécessité pour les trois OIG de renforcer leur collaboration et leur convergence de vues dans la coordination des réponses aux défis de sécurité alimentaire.


La concertation de haut niveau a permis à la CEDEAO, à l’UEMOA et au CILSS d’harmoniser leurs points de vue sur le pilotage conjoint du processus de révision. Elles ont estimé qu’une réforme pertinente du système régional de stockage ne saurait se faire en dehors d’un cadre politique cohérent et sans l’implication effective des Etats et de toutes les parties prenantes. Elles ont réaffirmé, par ailleurs, leur volonté à faire converger les politiques agricoles et de sécurité alimentaire vers des objectifs communs, tout en définissant clairement le périmètre des risques à couvrir, qu’il s’agisse des crises alimentaires, des conflits, des réponses humanitaires, du fonctionnement des marchés ou du pouvoir d’achat des populations. Le portage politique prend en compte les enjeux de gouvernance et de pérennisation du dispositif de prévention et de gestion des crises dans un espace régional en reconfiguration, de même que la nécessité d’une mobilisation politique accrue des 17 États membres de l’espace commun.


Les OIG ont mis en avant les avantages liés à la construction d’un modèle économique robuste, reposant prioritairement sur des ressources et mécanismes régionaux, et ceux liés à l’opérationnalisation de la réserve financière à travers des guichets dédiés à différents types de risques. Le renforcement du suivi-évaluation/communication/visibilité à l’aide d’indicateurs permettant de mesurer les effets et impacts est également à considérer dans la nouvelle stratégie.
Dans la continuité de cette concertation, la deuxième réunion du Comité de pilotage du processus de révision de la stratégie a permis de faire le point sur l’état d’avancement de la révision et de recueillir les orientations nécessaires à la poursuite des activités.


A la suite de la présentation des premières réflexions sur le squelette du document de stratégie, les membres du Comité ont insisté sur la prise en compte de certaines préoccupations majeures comme entre autres : la gestion des savoirs, des axes spécifiques sur les acteurs et parties prenantes y compris le secteur privé, les instruments et mesures de mise en oeuvre et l’environnement politique et règlementaire. Ils ont également souligné la nécessité d’établir un lien étroit avec le fonds régional pour l’agriculture et l’alimentation (FRAA) et les banques d’investissement comme la BIDC et la BOAD.

Le comité de rédaction devra donc veiller à ce que le processus soit inclusif avec une bonne articulation entres les besoins des pays et ceux du niveau régional. Le Comité de pilotage s’est enfin doté d’une feuille de route allant jusqu’à mi 2026 pour boucler le processus de révision.

Pour rappel, la révision de la stratégie contribuera à consolider la capacité régionale à prévenir et à gérer les crises alimentaires, nutritionnelles et pastorales. Elle alimentera, par ailleurs, le processus en cours de mise à jour de la Politique agricole régionale pour les dix prochaines années (ECOWAP 2035).