A l’issue des trois jours (27-29 janvier 2026) de partage des résultats de la mise en œuvre du Projet Système Régional Innovant de contrôle des Mouches des fruits en Afrique de l’Ouest (SyRIMAO), la CEDEAO, les acteurs et parties prenantes sont parvenues à un consensus autour d’une série de conclusions et de recommandations à mettre en œuvre.

Principales conclusions
Le projet SyRIMAO constitue une avancée majeure en matière de gouvernance phytosanitaire régionale intégrée Les travaux ont mis en évidence que le SyRIMAO a dépassé le cadre d’un projet technique pour devenir une innovation institutionnelle régionale, articulant efficacement recherche, surveillance, action publique et acteurs privés. La mise en place et l’opérationnalisation de comités nationaux multi-acteurs, adossés à un dispositif régional de surveillance couvrant l’ensemble de la CEDEAO, ont permis une réduction significative des interceptions phytosanitaires, traduisant une amélioration réelle de la conformité sanitaire et de la compétitivité de la filière mangue. La durabilité de cette gouvernance reste toutefois conditionnée par un ancrage institutionnel et financier plus fort des États.
La régionalisation de la recherche a démontré sa pertinence scientifique et opérationnelle, mais demeure fragile La transformation du Centre national de spécialisation fruits et légumes du Burkina Faso (CNS-FL) en un centre régional d’excellence- fruits et légumes (CRE-FL) et l’harmonisation des protocoles de recherche ont permis une meilleure coordination scientifique, une mutualisation des compétences et la production de résultats concrets (technologies homologuées, publications, vergers pilotes). Les échanges ont révélé néanmoins des déséquilibres persistants entre pays, liés à des engagements institutionnels inégaux et à une appropriation encore partielle des résultats par les systèmes nationaux de recherche et de vulgarisation.
Les impacts socio-économiques sont réels, mais la mise à l’échelle reste le principal défi Les effets du projet sur les revenus, l’emploi (notamment féminin) et la structuration des filières sont avérés. Les témoignages des interprofessions confirment une appropriation progressive des technologies et des dispositifs de surveillance. L’atelier a fait ressortir cependant que la disponibilité effective des technologies, leur coût, leur diffusion à grande échelle et leur intégration dans des modèles économiques viables constituent aujourd’hui le maillon critique pour transformer les acquis techniques en impacts durables à l’échelle régionale.

Principales recommandations
Institutionnaliser durablement les acquis du SyRIMAO dans les politiques nationales et régionales Il est impératif d’intégrer formellement les dispositifs issus du projet (Comités Nationaux, surveillance, coordination régionale) dans les cadres réglementaires nationaux et dans les politiques agricoles et phytosanitaires de la CEDEAO, en les adossant aux directions de protection des végétaux (DPV) et aux mécanismes régionaux existants tel que le Comité ouest-africain d’homologation des pesticides (COAHP).
Sécuriser des mécanismes de financement pérennes et endogènes La durabilité du modèle repose sur la consolidation des mécanismes de financement internes à la filière, notamment les contributions interprofessionnelles (CFO, taxes à l’exportation), l’élargissement de l’assiette de collecte et l’instauration de mécanismes de redevabilité transparents, afin de renforcer la confiance des acteurs et l’adhésion des producteurs.
Accélérer la mise à l’échelle et la valorisation économique des technologies développées Il est recommandé d’accélérer et de finaliser les processus d’homologation, de clarifier les régimes de propriété intellectuelle et de mettre en place de véritables stratégies de marketing et de diffusion des technologies, fondées sur des évaluations économiques rigoureuses et des partenariats structurés avec le secteur privé.
Consolider le dispositif régional de surveillance et la production de connaissances stratégiques La poursuite et le transfert effectif du système de surveillance à l’ARAA doivent s’accompagner de ressources dédiées, de la valorisation des données collectées, de l’harmonisation des seuils de nuisibilité économique et de la production régulière de notes aux décideurs.
Renforcer la communication et la diffusion des acquis du projet Il est recommandé de structurer et d’intensifier la communication sur les résultats, impacts et enseignements tirés du projet SyRIMAO, à travers la diffusion systématique des notes de capitalisation, capsules audiovisuelles et produits de connaissance sur les plateformes institutionnelles de vulgarisation, les réseaux sociaux professionnels et les canaux régionaux de la CEDEAO. Cette communication devra être ciblée selon les publics (décideurs, services techniques, interprofessions, producteurs, secteur privé) et adossée à des supports de plaidoyer (notes aux décideurs, capsules vidéos, notes de capitalisation) afin de renforcer l’appropriation des acquis et l’influence sur les politiques publiques.
Étendre et adapter les acquis du projet à d’autres cultures et ravageurs d’importance économique Il est recommandé de capitaliser sur l’expérience méthodologique, institutionnelle et scientifique du projet SyRIMAO pour concevoir des programmes de mise à l’échelle vers d’autres cultures et ravageurs d’importance économique régionale. Cette extension devra s’appuyer sur une analyse comparative des filières prioritaires, l’adaptation des dispositifs de recherche, de surveillance et de gouvernance existants, ainsi que sur une mobilisation coordonnée des États, des centres de recherche régionaux et des partenaires techniques et financiers, en vue de maximiser les effets systémiques et la rentabilité des investissements publics.
Principales recommandations La CEDEAO, à travers l'ARAA, est chargée de suivi et de la mise en oeuvre des recommandations susmentionnées.
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