Wednesday, 20 December, 2017 - 08:45

En décembre 2016 à Abuja, la CEDEAO a adopté un Cadre d’orientation stratégique 2025 pour la mise en œuvre de sa politique agricole régionale (ECOWAP). Les Plans Nationaux d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNISAN) qui en découlent sont en cours de reformulation par les Etats membres de la CEDEAO et nécessitent la mobilisation de ressources financières pour leur mise en œuvre.

« Cette formation régionale, qui s’est ouverte ce jour 19 décembre 2017 à Abidjan en Côte d’Ivoire sur l’ingénierie des projets pour prendre fin le 21 décembre 2017, vise à préparer les pays et les acteurs à l’opérationnalisation rapide et diligente de ces Plans Nationaux d’Investissements Agricoles, de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle », a expliqué Dr Bilgo Ablassé, le Chef de l’Unité Technique de l’Agence Régionale de la CEDEAO pour l’Agriculture et l’Alimentation (ARAA).

De façon spécifique, les modules de formation sont conçus pour (i) former les responsables des groupes techniques pays à l’identification et à la formulation des projets prioritaires découlant des PNIASAN de seconde génération, (ii) leur permettre de prendre connaissance et d’internaliser les procédures de requêtes de financements des projets prioritaires auprès des partenaires techniques et financiers. A la fin de la formation, les participants définiront une feuille de route qui leur permettra d’élaborer les premiers projets prioritaires une fois de retour dans leurs pays respectifs.

En plus des 15 Etats membres qui prennent une part active à cette formation, des personnes ressources de certaines institutions internationales telles que la CEDEAO, la FAO, la BAD, l’AFD, l’USAID, la BIDC, la BOAD, la Banque mondiale, le FIDA et l’IFPRI ont fait le déplacement d’Abidjan pour accompagner ce processus de renforcement de capacités.

Pour le Ministre de l’Agriculture et du Développement rural de la Côte d’Ivoire, représenté par l'adjoint au Directeur de Cabinet du ministère, le constat de l’existence de divers guichets internationaux est évident mais les ressources effectivement mobilisées par la région demeurent faibles malgré les besoins sans cesse croissants pour assurer les investissements agricoles. Cette formation répond donc aux besoins actuels des pays en plein processus de formulation des PNIASAN de deuxième génération. Les cadres des ministères ont besoin d’être suffisamment outillés pour formuler des projets bancables afin de mobiliser suffisamment de ressources auprès des partenaires pour en mise en œuvre des nouveaux PNIASAN.

Dans la même veine, le Représentant permanent de la CEDEAO en Côte d’Ivoire, Ambassadeur Babacar Carlos Mbaye, estime quant à lui que les pays de la région sont souvent en proie à une agriculture qui, bien qu’étant première pourvoyeuse d’emplois, peine à satisfaire les besoins de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Cette formation vient compléter la série de formations que l’ARAA a déjà organisées. Il s’agit en autres, des formations sur la formulation et la budgétisation des projets de développement, les changements climatiques en agriculture, les filets sociaux de sécurité et l’établissement des coûts financiers et l’analyse économique et financière des projets. Des formations diplômantes sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (mastères) sont également réalisées en collaboration avec le Centre Régional Agrhymet du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel, CILSS.

En général, les formations régionales qu’organise l’ARAA sont suivies de sessions de restitution au niveau national pour permettre la création d’un pool d’experts nationaux. Au total, plus de 1000 cadres des 15 Etats membres de la CEDEAO ont été formés depuis 2015 sur des thématiques aussi diverses que variées.