Surveiller les mouches de fruits en Afrique de l’Ouest pour mieux les combattre : la Cedeao se dote d’un système de surveillance efficace
Lundi, 19 novembre, 2018 - 14:00

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’appui au Plan régional de Lutte et de contrôle des Mouches de Fruits, un système de surveillance est mis en place pour suivre le mouvement des mouches de fruits en Afrique de l’Ouest afin de mieux les combattre. Ce dispositif permet l’organisation au niveau national et régional de la surveillance des populations et du taux d’infestation des mouches de fruits et l’émission d’alertes pouvant déclencher des réactions rapides de lutte lorsque nécessaire.

Ce système est déjà mis en place au niveau régional et dans tous les pays bénéficiaires du projet. Les producteurs et les exportateurs qui font de la filière mangue une source de devises et d’amélioration de leur sécurité alimentaire sont impliqués et formés à la prise en charge des messages d’alertes.

La fonction régionale du système est opérationnelle dans sa phase de collecte hebdomadaire des données d’infestations sur 2 cycles de 52 semaines. La phase d’analyse et d’émissions des alertes est opérationnelle depuis fin décembre 2017 et permet d’informer ainsi les opérateurs de la filière sur les menaces en vue de déclencher une lutte ciblée efficace. Toutefois, le système devra tourner jusqu’en fin 2019 afin de permettre de compléter le dispositif de modélisation pour des prédictions et des émissions d’alertes aux résultats reproductibles fiables. Pour ce faire, le système régional est complété par les données de la surveillance nationale.

En termes d’approche, il s’agit de la systématisation d’un échantillonnage sur les espèces frugivores dans des vergers de manguiers. Cette approche s’applique également au suivi des stades phénologiques des variétés en exploitation ainsi qu’à l’interaction entre les plantes et les mouches sur les fruits.

Le système est opérationnel à 63% à cause des nouveaux pays bénéficiaires du projet que sont le Nigeria, le Togo et la Guinée Bissau. Seulement le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Benin, la Guinée et la Côte d’Ivoire auront mis en place un système opérationnel de surveillance efficace d’ici août 2019. Les autres pays comme la Gambie, le Ghana, la Guinée Bissau, le Togo et le Nigeria auront besoin d’un plus grand appui pour atteindre ce niveau. Le Cap vert, le Liberia, le Niger et la Sierra Léone rejoindront les 11 pays déjà bénéficiaires du projet en cas du phase 2.

Le système de surveillance permet ainsi non seulement d’aider les producteurs à suivre la santé de leur production, à lutter efficacement contre les mouches de fruits, à gérer leurs plantations comme une entreprise mais aussi aux Etats de connaître le potentiel de production et d’emplois que la filière peut générer du fait de la disponibilité de la matière première (la mangue). Le systéme devient dès lors un outil d’aide à la décision pour la définition et la planification des politiques en direction de la filière.