Pérennisation du système de surveillance des mouches des fruits de la Cedeao : les acteurs de la région se concertent à Ouagadougou
Lundi, 19 novembre, 2018 - 17:00

Du 23 au 27 novembre 2018 se tiendra à Ouagadougou, Burkina Faso, un atelier régional de haut niveau sur la pérennisation du système de surveillance et de lutte contre les mouches des fruits dans l’espace Cedeao.

En effet, les mouches des fruits constituent une problématique importante pour le secteur horticole en Afrique de l'Ouest. Elles peuvent détruire 50 à 80% des productions fruitières. En 2006 par exemple, elles ont provoqué l’interception de cargaisons aux frontières de l’Union européenne d’une valeur de 9 000 000 euros d'exportations de mangues, soit plus d'un tiers de la valeur totale des expéditions de cette année-là. L'impact négatif de ces ravageurs sur les performances physiques (rendements), économiques (revenus), commerciales (exportations, compétitivité) et financières des filières fruitières (la filière mangue, notamment) est très important.

Pour faire face à ce fléau, la Cedeao a mis en place en 2015, avec le soutien financier de l’Union européenne et de l’Agence Française de Développement et la contribution de la Cedeao et de ses Etats membres, un plan de riposte à travers le Projet de Soutien au Plan Régional de Lutte contre les Mouches des Fruits en Afrique de l’Ouest. Un des principaux acquis du projet à ce jour est la mise en place d’un système de surveillance des infestations des mouches des fruits dans l’ensemble des bassins de production de mangues des pays bénéficiaires et l’émission d’alertes via la messagerie SMS à l’endroit des acteurs.

Les discussions de Ouagadougou permettront à chaque pays et aux acteurs bénéficiaires du projet de s’approprier le système de surveillance et ses multiples fonctionnalités afin d’envisager le mécanisme de financement le plus approprié pour pérenniser le système de surveillance et de lutte contre les mouches en Afrique de l’ouest. Tout en se focalisant sur comment pérenniser le système après la fin du projet prévue pour août 2019, les échanges aborderont des aspects comme les fonctions et mécanismes de collecte, de gestion et d'analyse de données d'une part, et les fonctionnalités d'alerte et d'aide à la décision pour l'élaboration et la mise en œuvre de stratégies de lutte ainsi que celle de l’accès aux produits de lutte d’autre part. Ils permettront, par ailleurs, de définir les modalités opérationnelles d'appropriation, de financement, de mise en œuvre et de gestion durable dudit système. En d’autres termes, il s’agira pour la Cedeao de recueillir les avis et commentaires des techniciens sur l’utilité du produit d’une part, et collecter leurs recommandations pour sa finalisation et surtout sa pérennisation d’autre part.

La Cedeao s’inscrit dans une perspective de gestion globale de la protection des végétaux contre les ravageurs telles que les mouches des fruits avec pour objectif de (i) réduire les interceptions à l'exportation vers l'Union européenne et ailleurs, (ii) améliorer les revenus des producteurs de fruits et légumes, (iii) renforcer la sécurité alimentaire et (iv) réduire la pauvreté en Afrique de l’Ouest.

En rappel, le Projet de Soutien au Plan régional de Lutte et de Contrôle des Mouches des Fruits en Afrique de l’Ouest couvre l’ensemble des pays de la Cedeao, notamment en ce qui concerne la diffusion des résultats de la recherche, l’information et la sensibilisation. Les actions sont toutefois concentrées sur le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée Bissau, le Mali, le Nigeria, le Sénégal et le Togo, onze pays pour lesquels la lutte contre les mouches des fruits représente un enjeu économique majeur. De façon spécifique, il vise à (i) augmenter le volume disponible de fruits exempts d’infestations sur les marchés locaux, (ii) maitriser les pertes de fruits et de légumes dues aux infestations par les mouches des fruits afin qu’elles ne constituent plus une contrainte pour les exportations, (iii) mettre en place des dispositifs et structures organisationnelles permettant la maîtrise des risques phytosanitaires et (iv) renforcer la Cedeao dans ses fonctions de pilotage de la politique sectorielle.

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