Les ministres en charge de l’agriculture de la Cedeao valident le rapport des experts sur le bilan et les perspectives de la mise en œuvre l’Ecowap 2025
Vendredi, 6 décembre, 2019 - 11:15

Du 2 au 4 décembre 2019, des experts des 15 Etats membres de la Cedeao ont procédé, à Conakry en Guinée, à une évaluation du niveau de mise en œuvre des orientations de l’Ecowap 2025 et des perspectives de développement du secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique pour les trois prochaines années (2020-2022).

En effet, depuis trois années, la Commission de la Cedeao et les Etats membres mettent en œuvre le Programme régional d'investissements agricoles et de sécurité alimentaire et nutritionnelle (Priasan) et les Programmes nationaux d'investissements agricoles et de sécurité alimentaire et nutritionnelle (Pniasan) de seconde génération dans le cadre de l’Ecowap 2025. En dépit des résultats probants obtenus (augmentation de la production sur fond d’amélioration de la productivité pour certaines spéculations, réduction de l’acuité des crises alimentaires et nutritionnelles), il subsiste toutefois des interrogations qui nécessitent un bilan participatif et inclusif de l’ensemble des parties prenantes à la mise en œuvre des orientations et des instruments d’opérationnalisation de l’Ecowap à l’horizon 2025.

Les trois jours de discussions intenses ont permis aux experts de parvenir à des délibérations consensuelles qu’ils ont soumises à leurs ministres de tutelle ce 5 décembre 2019 pour examen et adoption.

Avant d de procéder à l’adoption des principales conclusions et recommandations faites par les experts, les ministres ont insisté entre autres sur :

  • l'intégration des femmes et des jeunes, leur autonomisation économique, leur participation dans les processus de décision, avec la nécessité de prendre en compte les spécificités culturelles et sociales des sociétés ouest africaines,
  • les enjeux liés à la protection des ressources forestières, notamment les forêts communautaires, dans un contexte de croissance démographique, d'extension des surfaces cultivées et de changement climatique,
  • l'émergence de multiples questions transversales, intersectorielles qui appellent une action concertée et cohérente entre différents départements ministériels,
  • la maîtrise et la gestion des ressources en eau (de surface, souterraines, fluviales), préoccupation majeure à la croisée des enjeux environnementaux, des enjeux de sécurisation des productions agricoles et animales, mais aussi des enjeux énergétiques,
  • la mobilisation du secteur privé, indispensable au financement et à la transformation de l'agriculture et du secteur agroalimentaire orientée vers le marché, avec les enjeux de négociation et de contractualisation/relations partenariales au sein des chaines de valeur, et la nécessaire évolution dans ce contexte du rôle de régulation de l'Etat,
  • la problématique de l'accès aux marchés, reliée aux questions de fiscalité, de protection aux frontières, d'investissements sécurisés du secteur privé, y compris les petites entreprises promues par les femmes et les jeunes,
  • la problématique de la recherche et de la recherche développement permettant la génération de technologies adaptées et leur dissémination,
  • la nécessité de restructurer les recommandations, en spécifiant les parties prenantes concernées et les modalités de suivi de leur mise en œuvre,
  • la capacité fédérative de la Cedeao autour de l'Ecowap, avec les difficultés que cela pose en termes d'alignement, de cohérence et de coordination, l'absence de certaines banques du dispositif de l'Ecowap Donors’ Group,
  • l'importance de construire des coalitions d'acteurs et de partenaires autour de questions stratégiques et complexes telles que la résilience et la protection sociale/promotion des filets sociaux de sécurité alimentaire et nutritionnelle au bénéfice des populations pauvres et vulnérables.

Ce bilan à mi-parcours a permis de passer en revue les questions liées à la mise en œuvre de la Politique agricole régionale afin de dégager les perspectives pour mieux encadrer les efforts pour une vraie sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest. C’est une démarche participative et inclusive de l’ensemble des parties prenantes à la mise en œuvre des orientations et des instruments d’opérationnalisation de l’Ecowap à l’horizon 2025.