Conclusions de la Réunion de haut niveau sur la coordination des réponses à la situation alimentaire et nutritionnelle 2020 au Sahel et en Afrique de l’Ouest.
Lundi, 24 février, 2020 - 14:45

Dans le cadre de la mise en œuvre des orientations et décisions de la Réunion ministérielle et du Comité de gestion de la Réserve régionale de sécurité alimentaire, la Cedeao a organisé du 17 au 18 février 2020 à Niamey conjointement avec la République du Niger, une Réunion de haut niveau avec la Communauté humanitaire et les Partenaires Techniques et Financiers sur la Coordination des réponses à la situation alimentaire et nutritionnelle préoccupante 2020 au Sahel et en Afrique de l’Ouest.

En effet, les données de l’analyse du Cadre Harmonisé et du dispositif de prévention et de gestion des crises alimentaires (Pregec) de novembre 2019 sur la situation alimentaire montrent que si des mesures et réponses appropriées ne sont pas prises et mises en œuvre d’ici à la prochaine période de soudure (juin-août 2020), plus de 14,4 millions de personnes (dont 12,4 millions dans l’espace Cedeao) pourraient se retrouver en insécurité alimentaire et nutritionnelle critique (phase 3 et plus du Cadre Harmonisé) soit une hausse de 53 % par rapport à la période courante et de 48 % par rapport aux données de la soudure de 2018. Le nombre de personnes en urgence alimentaire notamment au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso et au Mali pourrait donc atteindre 1,3 millions.

Face à la gravité de cette situation alimentaire et nutritionnelle, l’objectif principal de la réunion était de parvenir à un consensus avec toutes les parties prenantes pour une réponse concertée, coordonnée, rapide et appropriée au profit des populations affectées.

Cette réunion a été placée sous la présidence de Monsieur Gado Sabo Moctar, Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, au nom du Ministre d’État, Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage du Niger, Président du Comité de Gestion de la Réserve régionale de sécurité alimentaire, Monsieur Elhadj Albadé Abouba, empêché.

Au cours des discussions de ces deux jours, les Commissaires chargés de l’Agriculture, Environnement et Ressources en eau de la Cedeao (Monsieur Sékou Sangaré) et de l’Uemoa (Monsieur Jonas Gbian), ainsi que le Secrétaire exécutif du Cilss (Monsieur Djimé Adoum), ont insisté sur la nécessaire et indispensable convergence des interventions de la Communauté internationale et de tous les partenaires intervenant dans la région avec les stratégies nationales et régionales. Tout en rappelant l’importance d’une planification et d’une mise en œuvre concertée des interventions dans le respect du principe de subsidiarité, ils ont, par ailleurs, insisté sur les disponibilités régionales de produits alimentaires et invité les acteurs à privilégier les achats locaux auprès des organisations de producteurs et des entreprises de production de produits nutritionnels.

Les échanges ont ainsi permis aux participants de (i) faire une évaluation concertée des besoins et des types d’assistance nécessaires pour faire face à cette situation préoccupante sur la base des plans de réponse nationaux, (ii) faire une évaluation des capacités de réponse disponibles au niveau des pays, de la région et des partenaires, (iii) s’accorder sur les modalités d’intervention et de coordination des réponses au niveau national et régional pour plus d’efficacité dans les interventions et (iv) informer l’ensemble des partenaires de l’initiative de la Cedeao d’organiser une Conférence internationale sur le système de stockage ouest africain et recueillir leurs avis, conseils et recommandations.

De façon spécifique, quatre questions fondamentales ont traversé l’ensemble des travaux et appellent à construire des réponses dans les meilleurs délais. Il s’agit de :

  • la méthode de programmation en rapport avec l’objectif central de renforcement des capacités nationales et régionales de préparation des réponses, de coordination et de mise en œuvre des interventions en réponse aux situations d’urgence,
  • le choix des instruments de réponse, leur pertinence, leur efficience, leurs modalités de ciblage et leurs impacts sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle,
  • les besoins de renforcement des dispositifs, la gestion des crises alimentaires, leurs articulations et leurs complémentarités,
  • la cohérence des politiques avec les actions sur le terrain et la cohérence des interventions des parties prenantes intervenant dans la région avec les politiques nationales et régionales.

Ces chantiers nécessitent un leadership plus fort des institutions Cedeao et Uemoa et devront, dans la mesure du possible, être intégrés dans tous les programmes régionaux appuyés par les partenaires techniques et financiers et s’insérer dans les mécanismes de coopération sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ils feront l’objet d’une feuille de route et d’un plan d’action détaillés. Sur tous ces sujets les organisations internationales ont exprimé leur disponibilité à mettre leurs expertise et expérience au service de la région.